L' ABANDON DES HARKIS




TÉMOIGNAGE





...La personne qui m’a confié ce témoignage, sergent dans un régiment d’infanterie, 20 ans (appelé, non parachutiste), désire rester anonyme du fait du suivant témoignage dont aucune source ne peut apporter la véracité, mais dont je n’ai aucune raison de ne pas le croire.

...Ce témoignage, j’ai choisi d’en rapporter les dialogues comme si j’étais un narrateur, sachant que les FAITS SONT VRAIS. Ce sergent d’un régiment d’infanterie nous l’appellerons Dupont, le nom du harki est de ma pure imagination, les faits sont malheureusement vrais.

...Les harkis devaient déposer leurs armes et leurs équipements sous prétexte de vérification, les européens voulurent faire de même, mais a chaque fois qu’un européen voulait donner son arme, l’armurier faisait signe « que c’était bon ».






...Le caporal Ahmed lui dit un peu inquiet:

- Sergent, tu me laisse pas, la France elle reste toujours. Le sergent Dupont n’en savait pas plus que le caporal harki, il se borna a répondre.

- Ahmed, tu connais de Gaulle il vous laissera pas tomber.

- si tu t’en va sergent, je viens avec toi, avec la France.

Le sergent commençait lui même a être inquiet, il ne savait rien de la politique, il commandait un groupe de harkis qui l’aurait suivi en enfer. Il alla trouver son lieutenant et lui demanda.

- Mon lieutenant, on va leur rendre leurs fusils aux harkis ?

le lieutenant était un ancien para, il regarda le sergent, il avait bu, beaucoup bu. Il tendit ses jumelles au sergent et lui désigna un point du doigt. En regardant, le sergent Dupont vit des hommes armés qui brandissaient des fusils.

- Des Harkis, quelle unité ? demanda Dupont.
Le lieutenant but encore une gorgée de sa flasque et la tendit a Dupont en disant.

- c’est les fells mon gars, ils attendent.

- ils attendent quoi ?

le lieutenant ricane sinistrement et annonce.
- qu’on leur laisse nos gars, sans armes, avec un fusil ils pourraient se défendre, mais non pas pour eux.

Le sergent Dupont avait compris, les harkis allaient être abandonnés à leur triste sort sans même leurs armes pour pouvoir se défendre

- Mon lieutenant, il faut leur laisser leur fusil qu’il puisse se défendre.

Le lieutenant l’empoigna par le col et lui hurla.

- petit con, tu crois que si c’était moi qui donnait les ordres je l’aurais pas fait, allez bois avec petit… le sergent Dupont empoigna la flasque du lieutenant, il croisa le regard de son caporal Ahmed, de son ami Ahmed, il détourna les yeux et but à son tour.




Très ivre le sergent Dupont monta dans un camion, son ami Ahmed n’était pas là… Le sergent Dupont revint en France, il fit une belle carrière en monta sa société de paysagiste.

Mais il y a 2 jours il me confia qu’il ne put jamais oublier le regard de son ami Ahmed, caporal, mort pour la France







ce n'est qu'un au revoir
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